Témoignages et Extraits Maisons de retraite

Témoignages
« J’ai ressenti une certaine amitié », « Nous nous sommes régalées », « Dans le rapport que nous avons eu, vous avez des phrases qui valent leur pesant d’or parce qu’elles sont profondément sincères », « Ça m’a rappelé ma jeunesse !»

Extraits

Les Mains
C’est un outil merveilleux. Pendant la période où je me suis retrouvée seule dans la maison où Maman est morte, j’adorais bricoler : j’ai fait des étagères que j’ai tapissées de tissu, j’avais habillé des vitres de velours… Avec mes mains j’ai aussi fait des trachéotomies, des gestes médicaux qu’on ne fait pas dans la vie courante lorsque je faisais des remplacements en Haute-Kabylie, c’était en 53…(Arlette)
Quand je regarde mes mains, je pense à mon arrière-grand-mère qui m’a appris à tricoter. Pendant la guerre, nous n’avions pas tout ce que nous voulions alors elle m’expliquait comment faire des chaussettes, des tricots, des culottes… (Simone)
La main vous sert à relever, à tenir, à rassurer, la communication de la main, la chaleur de la main, la force de la main, sa capacité à ranimer, à coucher, à soutenir. « C’est avec la tête que l’on mène la main » Mon Professeur de Français, pratiquement aveugle, nous disait : « Pourquoi je suis là dans un lycée technique alors que je pourrais être Professeur de Français pour les gens qui vont diriger la France de demain ? Je suis là pour montrer que l’avenir, c’est le technique : l’avenir, c’est la Main »(Nicolas)
Ma main sur le nez d’un gosse ça m’arrive quand il fait une bêtise. Ça lui fait mal ou pas mais moi, ça me dégage et puis c’est fini, on n’en parle plus. Lui faire toute une leçon sur « tu comprends… le petit Jésus… tu n’auras plus de bonbons… », enfin tout ça c’est la culture de la peur et moi je ne suis pas pour. « T’approche pas de ce chien, il va te mordre ! », et bien laisse-le se faire mordre, tu verras bien, il s’arrêtera tout seul. Aux enfants racontez-leur les ennuis qu’ils peuvent avoir mais laissez-les faire leur expérience. Il ne faut pas les cocooner à cent pour cent (Pascal)

Le Père Noël
Un jour de Noël, j’étais chez elle et ma Maman avait envoyé les cadeaux dans un carton que je connaissais. Il était dans sa penderie et elle croyait que je ne l’avais pas vu. Elle avait mis les cadeaux dans cette fameuse boîte et c’était tellement bien rangé que ma grand-mère avait tout laissé dedans. Elle avait cru bien faire. Quand je l’ai vu, j’ai aussitôt dit :  » Mais ce carton je l’ai vu à la maison ! » Alors ça a été fini : voilà comment je n’ai plus cru au Père Noël…

La Propreté
Je suis toujours restée à la maison et j’aime que tout soit net. Il n’y a que ça qui compte. J’aime les choses bien faites, impeccables et nettes. Ça apporte plus de choses que ce que l’on croit. Ça m’apporte du calme. Et ma fierté c’est que chez moi, tout me plaît parce que tout est propre. C’était mon rêve. Chez les autres, si c’est en désordre, je suis mal à l’aise parce que je ne peux rien dire qui déplairait. Alors je me tais.

La recette
J’aimais faire les beignets. Je les préparais à la farine et à l’eau. Pas d’œufs. J’achète un pot d’anchois, je les dessale, je les rince, je les coupe en petits morceaux, je prends une cuillère de cette pâte que je prépare, j’y mets un peu d’anchois et je le mets dans une friture. C’était ma spécialité. Aux anchois, au gruyère râpé, aux pommes. Les pommes je les pelais, je les coupais en tranches et je les mettais dans la pâte, dans la friture chaude, retourner, dorer, dorer, que ça ne s’attrape pas, et je les mettais dans une assiette.

Les parents
Nos parents nous ont offert la liberté de choisir notre façon d’aimer la vie. Ils nous expliquaient tout ce qu’il y avait à savoir sans s’inquiéter si c’était de notre âge ou pas. Il y a beaucoup de familles où les enfants n’ont pas leur mot à dire alors que nous, nous avions la permission de pouvoir exprimer notre idée et de donner notre avis. On avait beau être des enfants, ils comprenaient que nous avions le droit de manifester nos désirs d’une façon ou d’une autre ce qui était très agréable pour nous. J’ai des enfants et je leur ai transmis la liberté d’expression et le plaisir de faire des choses qui ne sont pas courantes. Je leur ai appris à accepter de se priver de quelque chose pour accomplir quelque chose de bénéfique pour soi ou pour les autres. Nos parents étaient très exigeants sur le principe de respecter les autres.

La vie de couple
Ma plus grande fierté c’est d’avoir rendu mon mari heureux tout le temps où il était avec moi. Nous ne nous sommes jamais disputés. Dans un couple il faut essayer de s’entendre, il faut s’aimer, je ne peux pas vous dire plus… Aux couples de maintenant j’ai envie de dire de se disputer le moins possible car ça ne sert à rien. Quand le mari dit quelque chose qui ne nous plaît pas, des fois il vaut mieux se taire que de répondre. Si on se dispute, après ce n’est plus pareil, ce n’est pas beau et ça détruit les ménages. Ce que je vous dis c’est quelque chose que j’ai appliqué. Ce n’est pas qu’on ne se chamaillait pas. Des fois mon mari disait quelque chose et moi, pour le faire bisquer, je disais le contraire, des petits machins comme ça. Mais pas des disputes à se mettre des assiettes sur la tête. Et puis ne pas faire la tête. Qu’on la fasse cinq minutes, d’accord, mais mettre un temps infini pour se réconcilier, ce n’est pas la peine.

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