Restaurants et Commerces

Picodon et Pélardon (Apt, 84)

A Caroline,
A ses assiettes en forme de poème
Livre ivre de fromage
Pour un voyage de quelques pages
Au rythme d’un capiteux breuvage.
Salade fleurie au creux de sa main
Bouquet de prairie et graines de demain
A l’abordage d’un navire de pain.
Lune de pannacotta
Fraîche et douce sous la voûte étoilée de la bouche.
Et le café du respect
Sombre velours de caramel épicé
Pour nous aider à revenir
A mettre pied à terre.
Il flotte ici quelque chose de sublime
Quelque chose d’indicible
Comme un secret
Lové quelque part
Derrière la tapisserie d’un ancien palais

***
L’Heure Bleue (Montpellier, 34)

Loin du monde et pourtant en plein cœur de ville,
dans un écrin de velours, quelque chose scintille…
Hardiment on regarde sur les murs, à côté, à travers les murs
Et de l’intérieur, les objets posés là, lourds de leur silence, nous observent aussi.
C’est une expérience mystérieuse. Une absorption.
Pas seulement de saveurs, de couleurs, de textures. Pas seulement.
C’est aussi un Retour dans notre propre temps intérieur.
Un voyage Entre deux. Ou plusieurs. On ne sait pas bien.
Nostalgiques et sensuels, le passé et le présent ne font qu’un.
Un peu de futur tremblote, sur le côté, dans sa Boule de cristal.
La nuit, lorsque tout est endormi, derrière les rideaux, l’heure change de couleur.
De bleue, son âme devient pourpre
Et tout ce qui nous a observé le jour se réveille, s’anime :
Les boîtes s’ouvrent, les livres aussi,
Les touches du piano qu’il ne fallait pas toucher se mettent à jouer seules,
Les étoffes enfilent leurs corps invisibles,
Les boules de verre se décrochent des arcades dans une danse de planètes.
Au petit matin,
Un mirage flotte au-dessus des tapis, les questions redeviennent sans réponse.
Venir s’asseoir ici, c’est un peu comme Être prêt à partir,
lorsque l’HEURE BLEUE changera de couleur…

***

L’intra-muros (Apt, 84)

Deux adultes qui jouent – Sérieusement
Une dînette pour de bon – Deux enfants
Ici on ne rigole pas. Il y a des règles du jeu.
Une dignité. Une fierté. Un effort.
Comme un hommage à quelque chose qui nous dépasse.
C’est un lieu qui a appris à se protéger. A se faire respecter.
On cherche. On regarde les murs, sur les murs, à côté des murs,
Mais de l’intérieur, eux aussi nous observent…
C’est pour cela que les photos sont interdites.
Le regard des murs.
Leur âme.
Lorsque les volets se ferment, la nuit, je pense que tout cela,
tout ce qui nous a observé le jour,
se réveille, s’anime, se met à jouer, à nous imiter…
Les boîtes s’ouvrent…les livres aussi…les voitures miniatures se mettent à vrombir…
Il y a ici un pouvoir. Quelque chose de magique.
Une illusion aussi. Dans l’air. Qui flotte…
C’est un jeu d’absorption. Une expérience mystérieuse.
Pas seulement de saveurs, de couleurs, de textures, de minéral et d’organique.
Pas seulement.
C’est aussi un retour dans notre propre temps intérieur.
Un voyage entre-deux. Ou plusieurs. On ne sait pas bien.
Le passé n’est pas nostalgique. Il nous fait un clin d’œil.
Le passé et le présent ne font qu’un. Un peu de futur tremblotant à côté. Futur fumant.
Légèrement.
C’est un lieu plein de questions sans réponses.
A moins de les imaginer.
Alors là…c’est un long voyage qui commence…
Peut-être sans fin…
En tous cas pas sans faim. La faim de ce qu’on ne veut pas voir finir.
Sinon, ce serait vraiment la fin des haricots et ça,
il n’en est pas question.

***

L’Absolu (Montpellier 34)

L’Absolu est un Tout, un Idéal, un Plein
Autour des tables décorées de patience, Cathie virevolte,
du soleil au coin des yeux et du Don plein les mains
Bienvenue ici à la chaleur des cœurs, aux gourmets,
aux saveurs que l’on ne veut pas oublier
Signature de ces tableaux éphémères gravés au fond de nos palais ?
On ne le voit pas et il est partout
Lumière souterraine, Jackie est un vrai :
de ceux qui mijotent leurs secrets, alors…
« Un Absolu, s’il vous plaît ! A goûter Absolument… »

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