Portrait écrit

Comment se réalise votre portrait écrit?

Il comprend en moyenne 10 entretiens d’une heure à raison d’une rencontre par semaine, par quinzaine ou par mois, mais vous n’avez aucune obligation d’engagement quant au nombre de séances et pouvez ainsi à tout moment décider de mettre un terme à notre collaboration.
Lors d’un premier rendez-vous, nous définissons ensemble vos motivations, le temps et le budget que vous souhaitez y consacrer. Ensuite, une méthode basée sur les cinq sens et la prise de recul positive nous permet de retrouver vos souvenirs et de les ordonner en un portrait fidèle et riche d’enseignements. Nous évoquerons ensemble des personnes, des lieux, des évènements, des musiques et des objets qui mettront en lumière des moments précieux.

Ce travail est facturé 80 euros/séance
(soit un total de 800 euros pour un exemple de 10 séances)
Ce prix comprend l’entretien d’1 heure ainsi qu’environ 4 heures de retranscription, assemblage et rédaction de l’échange.
Les frais d’impressions intermédiaires et finale seront à votre charge sur présentation de devis (tarif dégressif en fonction du nombre de pages et d’exemplaires commandés. Comptez environ 15 euros par exemplaire).
Dans le document final pourront être insérés vos propres textes et photos. Si vous avez déjà écrit votre biographie, nous pouvons vous apporter un regard extérieur en faisant des suggestions sur le fond et la forme (points à développer, à alléger, regroupements, tournures, titres…).
Le tarif s’échelonne entre 5 et 10 euros par page (référence : police Times New Roman en 12) en fonction de la teneur du travail déjà réalisé.
Si le lieu de rencontre est à plus de 20 kilomètres du domicile de l’écrivain de vies, des frais de déplacements seront à prévoir : 0,5 euros/km ou tarif SNCF

Langages possibles : espagnol, esperanto, anglais et langue des signes française

Une version audio de votre biographie peut aussi être réalisée. Prévoir 5 euros par page + 180 euros de montage et gravure sur CD.

Nous sommes mobiles et pouvons organiser des biographies itinérantes à travers toute la France. C’est ce que nous appelons les « portraits transhumants ».
Les séances seront d’une durée maximale de 1 heure 30 d’interview à raison
d’1 séance par jour pour un séjour d’une semaine (durée de séjour minimum),
d’1 séance par jour ou tous les deux jours pour un séjour sur deux semaines (durée de séjour maximum, à renouveler si nécessaire).
Le tarif est le même + frais de déplacements (un aller-retour par séjour). Si le lieu est à plus de 200 kilomètres ou 3 heures de route du domicile de l’écrivain de vies, le trajet se fera en train (plus économique que le camion aménagé) et un hébergement à titre gracieux sur place sera à organiser (au domicile du conteur ou l’un de ses proches ou réseau de l’écrivain).

***

Il est possible de réaliser une Biographie Posthume. La démarche est la même avec quelques adaptations. Les interviews seront individuelles ou collectives, avec les personnes volontaires pour participer à la reconstitution du portrait. Si certaines personnes ne peuvent pas être rencontrées physiquement, nous pourrons réaliser le travail afférent par correspondance (mail ou postale). Ce travail est facturé 80 euros par séance individuelle et 100 euros par séance collective (3 à 4 personnes maximum par groupe).

Brave Horse

Charte Biographie Inter Ligne : Nos engagements

Une véritable écoute :
L’écrivain de vies incarne une neutralité bienveillante. Il ne vous juge pas et ne recherche pas une vérité : tout ce que vous dites est vrai, vous n’êtes pas obligé de tout dire, vous n’êtes pas obligé de répondre à toutes ses questions.
Rien n’est figé : après la première version écrite qui sert de support de travail, la relecture régulière vous permet d’enlever et d’ajouter des éléments. Vous pouvez aussi arrêter votre biographie ou demander une pause à tout moment.

Confidentialité :
Rien ne sortira de votre lieu d’interview et du lieu d’écriture de l’écrivain de vies.
Les enregistrements audio sont retranscrits et effacés au fur et à mesure.
C’est vous qui êtes seul décideur quant à l’information de tiers sur le travail que vous faites.
L’écrivain de vies garde une copie du travail sur son ordinateur jusqu’à ce que la transmission soit faite au(x) destinataire(s). Il garde pour lui une sélection de passages anonymes.

Nos limites respectives :
Pour les souvenirs et sujets délicats pour vous, allez jusqu’où vous pouvez sans vous mettre en difficulté. C’est l’alternance de moments lumineux et de moments plus sombres qui enrichit les enseignements pour les générations futures mais vous et l’écrivain doivent être capables de reconnaître leurs limites. L’écrivain de vies n’est pas un psychologue (c’est un accompagnement et pas une thérapie). L’écrivain de vies n’est pas un ami. Il n’a pas non plus à donner son avis. Il est de son ressort de vous orienter vers une personne plus adéquate lorsque le travail ne relève plus de ses compétences.

Méthode et style :
Notre méthode originale est basée sur les 5 sens et la prise de recul positive. Les outils sont de deux ordres : un canevas structuré de questions et d’étapes de vie / de l’improvisation et de la créativité pour personnaliser le résultat.
L’écrit final est à la première personne du singulier JE et ponctué d’interventions de la part de l’écrivain de vies (en italique) pour rythmer, donner du recul et retransmettre le cadre et l’atmosphère de notre travail. Ce n’est pas un écrit littéraire ni un roman mais plutôt un portrait écrit, un reportage, une retranscription fidèle de votre parole « comme si on vous entendait ». Pour un travail sur environ 10 séances, il sera nécessaire d’attendre 5 rencontres avant d’avoir une première version écrite du document de travail.

Le pont vert

Extraits choisis

Ma naissance dans une caisse d’oreillettes, ça, c’est la légende… Un jour, quand même, la vie m’a appris que ce n’était pas possible : une caisse d’oreillettes…c’est bien trop petit ! Mais je l’ai cru longtemps parce que, quelque part, je voulais y croire… Même plus tard, je le racontais encore à mes petites-filles ! C’est quelque chose que j’ai toujours gardé parce que, pour moi, c’était un peu féerique… Et puis il y a quand même du vrai dans cette légende : je suis née au mois de février, au moment du Carnaval, donc à la période où l’on fait les oreillettes…

Si j’étais un végétal ce serait un chêne. Celui que mon grand-père a planté dans un champ quand je suis né. C’est solide, ça ne se laisse pas trop influencer et puis ça vieillit assez bien. Ça m’arrivait de monter sur sa première branche et de là je voyais le champ où tous les animaux domestiques se regroupaient. Je voyais tout le monde manœuvrer : la poule n’avait pas peur du lapin ; elle se gonflait et se battait contre les éperviers qui voulaient piquer ses poussins. C’était bon de suivre la vie du petit monde animal. Il y a un bouquin que les gosses devraient lire : les Fables de La Fontaine. Il faudrait les nourrir de ça.

Mon moment préféré c’était le repas du dimanche, tout le monde autour de la table : nous sommes ensemble Papa et Maman, quatre enfants, Grand-mère, ça m’est toujours resté. C’était beau la famille avec Grand-mère, sa coiffe, il me semble toujours la voir : une coiffe noire toute tuyautée comme ça, là, et avec un nœud dans le cou. C’était du Midi, en crêpe Georgette. Elle se mettait à table avec sa serviette, là, autour du cou, ça m’est toujours resté. Même ici, j’y pense pendant les repas : « Tiens, c’est dimanche… et quand il y avait Grand-mère… ». Elle élevait des pigeons et quand elle en avait cinq elle disait : « Ça ira bien pour toute la famille », et elle portait ses pigeons. Ce sont des choses qu’on ne peut pas oublier ça. Elle disait à Papa : « Coupe-le bien hein, tu l’as massacré un peu… » Chacun notre moitié de pigeon… Elle disait : « Ne mangez pas si vite ! Il faut sentir ce que l’on mange. » La famille, c’est le pilier. Sans lui, tout s’écroule.

A mes enfants je leur ai donné le meilleur de moi-même pour les enlever de la galère. Ça veut dire qu’au lieu de leur donner du poisson tous les jours, je leur ai appris à pêcher. Tout le monde ne sera pas ingénieur mais chacun aura sa place dans la société. Avoir son petit boulot et son petit appartement, c’est déjà une place. J’avais peur que mes enfants prennent le mauvais chemin. C’est souvent qu’on dit aux enfants : « Il faut prendre le bon chemin ». Mais comment leur expliquer ? J’en rigole maintenant mais enfin…quand ils étaient jeunes – huit ans par là -, je leur faisais un dessin sur une feuille de papier. Et j’y dessinais des chemins. Il y en avait qui allaient loin, et d’autres qui avaient une embûche, c’était barré et ils ne pouvaient plus passer. Alors je leur disais : « Vous voyez, si vous vous comportez bien dans la vie, si vous êtes honnêtes, travailleurs, tout ce qui peut se faire de bien, le faire, aider les uns, les autres, vous aurez toujours ce chemin sans embûches, et vous irez loin… Mais si chose, et bien il y aura un barrage, et là vous serez malheureux ».

Je sentais une anxiété diffuse. J’entendais parler de guerre, de Ligne Maginot, j’avais conscience qu’il se préparait quelque chose de grave mais que je ne comprenais pas. La guerre, on ne sait jamais quand elle commence, ni quand elle va finir. Devant le poste de TSF, mon père se mettait en colère : « Bon Dieu de Bon Dieu mais qu’est-ce qu’ils font ! ». Et il dictait ce qu’ils auraient dû faire… Il aurait tant aimé refaire l’Histoire…
La proximité de l’eau était une chance. L’eau était associée à des moments de détente et de pseudo-liberté… Je pouvais partir sur la rivière avec ma barque pour jouer un peu. Jouer à être libre… Des prisonniers libérés il en arrivait tous les jours par train. Je me rappellerai toujours de ce jour où ma voisine m’a dit : « Viens voir ! ». Dans la chambre de son fils, sur le lit, il y avait un beau costume avec la chemise toute repassé : « Tu vois, il arrive ! ». Ils avaient arrêté la guerre que la France avait perdue. Mais quand les Français sont entrés dans le train, les Khmers rouges sont arrivés et les ont tous mitraillés. Le fils de ma voisine est revenu. Dans un cercueil…

Moi je suis toujours restée à la maison et j’aime que tout soit net. Il n’y a que ça qui compte. J’aime les choses bien faites, impeccables et nettes. Ça apporte plus de choses que ce que l’on croit. Ça m’apporte du calme. Et ma fierté c’est que chez moi, tout me plaît parce que tout est propre. C’était mon rêve. A l’époque, ce n’était pas aussi propre que maintenant et l’hygiène était importante pour la santé. Il fallait toujours se laver les mains avant de passer à table : »Va te laver les mains ! » Mon père était sévère pour ça. Avec les mains propres, on pouvait toucher le pain.

Je ne suis pas plus religieuse qu’avant mais je crois à une certaine force supérieure parce qu’il y a des choses que je n’explique pas. Allez expliquer l’atome… Et ça existe. Il y a quelque chose, à partir d’un certain moment, à un début, un ordre qui s’est installé et qui a construit un monde. Un tapis c’est fabriqué on sait de quoi et par qui, mais d’où ça vient tous ces trucs-là ? Comment se sont fait les chèvres qui ont mangé de l’herbe pour pouvoir fournir de la laine sur leur dos qui a des propriétés particulières suffisantes pour faire des tapis ? Pourquoi ? Comment ? Donc il y a une architecture de l’univers. Je constate. C’est pour ça que je crois en l’existence de Dieu et c’est pour ça que j’ai du mal avec le désordre.

J’ai vécu quarante-deux ans mariée, je suis mère de quatre enfants et actuellement veuve depuis vingt-deux ans. Mais je ne suis pas seule puisque mon mari n’a jamais été aussi présent que maintenant ! Je ne dis pas que notre vie de couple a été extraordinaire, nous avons eu les mêmes problèmes que dans tous les foyers, mais il n’empêche que mon plus beau jour c’était celui de mon mariage. Déjà je sentais une fusion, quelque chose, je partais vraiment avec une confiance qui dépassait même l’amour. J’étais vraiment sûre, je n’avais aucun doute et, le plus fort, c’est que cela a été vraiment vécu, pendant quarante-deux ans de vraie vie commune, et c’était réciproque ! Au point que, sur le moment, c’était tellement naturel que je ne pouvais pas imaginer les choses autrement : ce devait être comme ça. Et, dans le fond, maintenant que j’y pense, cette soi-disant normalité m’a empêchée d’approfondir ce trésor, de réellement prendre conscience de la valeur de cette beauté, de cette grâce même. Il y avait même des moments où, parfois, je trouvais que ce n’était encore pas assez. Sur le moment je n’ai pas réalisé. Et pourtant je vous assure que ça sortait de partout ! Mais parfois on ne se rend pas compte de ce que l’on a. Malheureusement, cette prise de conscience est venue après que je l’aie perdu. Tout m’est revenu et, à partir de ce moment-là, mon but a été de dire aux jeunes : « Prenez le temps de goûter ! ». Et je me disais : « Mon Dieu ce qu’on peut être bête : on se tracasse pour des futilités et les choses qui devraient nous marquer on ne les voit pas ! ».

Laisser un commentaire