Accompagnement d’oeuvres d’art

« Au sujet de ma fabrique poétique, je travaille beaucoup avec l’écrit-éclat, c’est à dire les jets spontanés, pris sur le vif, comme l’envol d’un oiseau surpris. Je crois beaucoup à ce moment où le mot dit vrai, à la fois brut et candide. Lorsque je travaille par exemple avec un photographe, je regarde chaque photo pendant seulement une fraction de seconde avant d’écrire illico presto ce qui flotte entre elle et mon univers. Le résultat est souvent juste, et n’entrave ou ne couvre pas l’œuvre qui l’a fait naître. Au contraire, il la complète et ouvre la porte à l’une de ses autres dimensions ». E.Paul

Paroles de chansons

Tango
Marcher avec toi, c’est faire un pas dans la vie
Devant, derrière, hésitation, question
De côté, en dedans, un nom, une histoire
Marcher avec toi, c’est déshabiller l’émotion, gravir le cœur,
le secouer, l’allumer. L’écouter.
Ses silences.
Tu donnes le pas, le rythme. Une lumière.
Marcher avec toi, c’est danser avec une flamme
En forme de rose
Rose flamme
Cœur de rose
J’aime ton parfum
Marcher avec toi, c’est écouter le pied aveugle
Lui sait où il va, peu à peu, pas à pas.
Pied à cœur. Par cœur. De pied.
Marcher avec toi, c’est chercher le fil
Rouge
Le tisser. Tissage. Métissage.
Marcher avec toi
Sans fin
Refrain
Sans point

Sculpture, Peinture, Chorégraphie, Objet

Valparaiso

Livret exposition

Livret exposition


Hommage à la Contrebasse
Posée,
Là,
Au milieu de tous les autres qui s’agitent
Elle attend, elle pense
Elle a le pied du héron, les ouïes du poisson,
la tête d’un colimaçon
Hermaphrodite,
Son corps est de femme et sa voix celle d’un homme
Dans le tango de la vie, entre terres et ciels,
Elle est partenaire de danse
Alors on l’enlace, on la pousse, on la retient, on y creuse,
on s’y attache
Quand c’est elle qui nous tient et nous soutient sans relâche
Son cœur de cordes est plus grand qu’elle
Et ses cordes en chœur, d’accord en accord, vibrent loin
Plus loin
Toujours plus loin
En contrebas
Des bas-fonds
Du fond de l’âme
Sur la dune du temps, l’écho s’efface
La caravane des notes passe et repasse
Sur le dos des doigts qui ploient
Sous leur poids
Sur le bois
Oasis sans eau – Mirage
Voyage – De foi…
…Trois fois
Trois points sans fin
C’est son âme fossile qui file et tisse des mots invisibles
Sous le trait de l’archet, les lignes, les interlignes,
Les cordes en notes, les doigts en compote
Trois fois sans fin
Entre ses cicatrices
Elle nous répète :
« Avec des si… »
Alors on continue
Sans toujours savoir pourquoi
Elle nous tient et on y tient
On ne lui tourne jamais le dos
Le dos est las mais là il reste
Elle est posée,
Là,
Sur la partition de notre cœur en nage
Elle est
L’ancre du voilier
La racine de l’arbre
La béquille du boiteux
La voûte d’une cathédrale
Râles de bois
De métal pâle et poli
De crin, de cire et de non-dits…

Cheval,
Pour les jeux de vallée, pour les siestes ombragées
Pour les champs sans frein qui s’écartent et laissent passer ton front décidé
Souffle généreux de ton cœur franc
Conduit par l’encolure en courbures vers l’avant
On peut voir ton cœur battre jusqu’au bord de tes naseaux
Deux bols d’air, de transparence, de soie profonde
Parfois, un frémissement de tout ton corps de roseau
Passage à travers le rideau d’entre deux mondes
Tes sabots ne se quittent pas, tes châtaignes ne se mangent pas
Enigme majestueuse, tu portes la corne à tes pieds quand la licorne a choisi le front
Cosmique, tu tiens de la Terre, de l’Eau, de l’Air et du Feu
Sous les volutes d’une crinière en cascade, imitant la pluie
Tu fais des claquettes d’où s’échappent quelques étincelles
La terre résonne sous ta cavalcade
Et ton cœur bondissant ouvre le ciel d’une rose des sables
Parfois, la fatigue de la pesanteur te glisse des rêves d’apesanteur
Alors, de tout ton corps te fondre dans la terre
De tout ton long couché sur la poussière
Et lorsque tu te relèves, il semble que tu rejoues ta naissance
Te raccrocher au ciel par les fils de ta crinière
Retrouver l’équilibre, les appuis de l’aisance
Alors, parmi le nuage nonchalamment tissé de tes crins
perle l’étoile de ton nouveau regard
Et devant lui
L’horizon s’incline
Pour t’accueillir dans son écrin

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