Evènements de la vie

Compliment – Mariage – Extraits

C., à la fois douce et déterminée, pleine de sincérité
telle une plante aux multiples possibilités,
tu explores ta richesse intérieure au fil des lieux et des activités :
le théâtre (…), Paris (…).
Les personnes qui t’entourent sont unanimes et les cadeaux de tes patients le disent :
sur la pointe des pieds ou sous leur plante,
on apprécie ta présence et ta bienveillance ;
tu aimes le travail bien fait, dans les règles de l’Art et en conscience
et, comme il est la clé de l’équilibre et de l’indépendance,
tu as tout pour réussir tes pas de danse.
C’est que tu connais le plaisir de faire plaisir… Mais veille à prendre le temps…
Du temps pour toi ; du temps pour l’Amitié.
C’est elle qui vous a fait vous rencontrer, toi et A. qui saura t’y aider.
A. le Sage… Tu n’es pas seulement architecte des espaces
mais aussi celui du lien à l’Autre : tu sais le cultiver pour que jamais il ne s’efface.
Tu es posé et réfléchi, organisé, toujours ravi,
et nous le sommes aussi en t’accueillant dans notre famille joyeusement élargie.
Les M. sont des coeurs nobles.
Bien que d’origine espagnole, nous ne sommes pas de grands voyageurs mais,
à défaut de savoir partir, nous savons être présents et,
dans les livres ouverts, trouver l’engrais d’un esprit tolérant.
Les I. sont pères de la multitude. Alors, dans le respect de nos différences
et la juste mesure entre tradition et modernité, que ce soit pour Noël ou pour l’Aïd,
un seul mot nous rassemblera : Fraternité.
Nous prendrons le temps de nous écouter pour toujours mieux nous comprendre,
nous prendrons le temps de la clarté des mots pour mieux les entendre.
Alors, la graine semée aujourd’hui offrira sa récolte comme un beau panier de fruits,
à partager autour d’un couscous ou d’un lapin à la tomate longuement mijotés.
Il vous suffira alors, chers et jeunes mariés, de suivre le chemin,
large et droit, ombragé mais pas trop,
qui vous mènera au pied de la montagne contre laquelle vous appuyer
avec, devant vos regards émerveillés, la mer et son horizon illimité.
Dans la demeure de vos coeurs régnera la même chaleur que celle d’un beau feu de bois et, au balcon, des oiseaux multicolores chanteront vos désirs de leur claire voix.
Et si un recoin venait à sonner creux, alors, A., tu sauras comment faire : agrandir encore l’espace en chassant le superflu pour revenir à l’essentiel…
Et C., il est loin le temps où tu hésitais à me réveiller,
du bout de ton doigt sur ma joue, quand tu avais besoin de me parler :
nous serons toujours à tes côtés, comme un petit muret,
discret mais en veille, près duquel faire s’épanouir votre rosier…

*****

N. danse avec les cailloux
Dans sa voix, avec ses pieds et ses genoux
Elle danse
Jupe espagnole et cheveux de gitane
Son rire est de dentelle et tout son corps
Une planète en ébullition
Un fruit de la passion.

N. dans et virevolte mais elle n’est ni colle ni vis alors…
…J. est là. Force tranquille.
Pour la retenir, la rattraper, la ressaisir.
Toréador des chiffres, il sourit franc,
Un soleil au coin de ses yeux pétillants.
Efficace dans ses gestes, dans ses paroles, il observe, il pense.
Et quand il ne compte pas, il l’aime, son aimée.
Fidèle à son coeur, il l’a demandée sa main potelée.
C’était au pied de la Tour Eiffel forgée
Un premier janvier 2000.
Ils étaient 2 et trois points de suspension…
…jusqu’au 7 7 7
le 7 juillet 2007
compte à rebours métaphysique :

7- …le temps de créer l’Univers… Leur Univers
6- …car « ces sourires-ci chassent à coup sûr les soucis », a dit leur médecin si bien choisi…
5- …cinquante et quelques années ne changent rien à un amour sain cinq étoiles
4- …car c’est quatre à quatre qu’ils ont monté les marches et gravi les montagnes
3- …comme le cheval de Troie, ils ont conquis le cœur l’un de l’autre
2- …ils sont là. Nous avec eux et autour d’eux
1- …car aujourd’hui nous sommes ici tous réunis
0- …partez ! Partez vous aimer, continuez à gambader,
à Las Vegas et dans le monde entier !

Deuil – Extraits

L’Homme du 11/11 à 11 heures,
unique déjà dans son rendez-vous avec la vie,
A. a jusqu’au bout pratiqué l’Art d’être un Homme :
celui de rester debout
debout campé sur ses deux jambes, comme celles du 11 de son arrivée au monde.
Pour son départ, ce sont deux paires de charentaises qui l’attendaient,
patiemment et sûrement,
comme des écrins posés à ses pieds,
pour encore le voir comme nous l’avions toujours vu :
dressé comme un arbre
droit dans ses pensées
fidèle à la tranquillité
un soleil en forme de barbe autour d’un visage qui avait toujours l’air étonné.
Étonné après même quatre-vingt années…
Un jour que l’arbre était assis près de son feu de ceps,
il nous avait dit : « Le secret…c’est de rester positif »
Alors aujourd’hui, ce secret nous voulons le partager
et l’écouter.

*****

Tableau I : L’Incendie
L’air a un goût d’amertume – la vue est brouillée
seules quelques silhouettes de troncs desséchés accrochent le regard.
La cendre recouvre tout et continue de tomber
comme des larmes sans eau, sans buée, sans hasard.
La terre angoissée s’étouffe, crispant sa main délaissée
et, au loin, un crissement strident divise le bois épars…

Et puis…
A l’orée des cœurs, le tintement de l’espoir :
on tend l’oreille et les mémoires.
Goutte à goutte, un souvenir confus fait lumière.
De flot en flot, elle vient, elle arrive, elle est là dans un éclat de rire :
la Source.

Tableau II : Le Jardin
L’eau éblouit la terre où déjà se reflète le ciel
Lavée, ses croûtes attendries, sa peau embaumée
Les strates disparates fondues dans l’harmonie réinventée
La cendre se délave, se dissout, part nourrir le miel
L’air est inspiré, tout n’est plus que fluidité.
Le vert tendre pointe ses cils, ouvre les yeux du bois blessé,
se dresse et plonge dans le bleu des cieux, la voix embuée
et, dans cet écrin enluminé, s’arrondissent les fruits retrouvés.
Abricotés, ils sont tout chauds et sucrés,
comme la peau d’un nouveau-né.

Au cœur, un noyau où se blottit le fil des souvenirs,
de ceux que l’on peut se raconter.
Petit fil ténu qui était déjà là, caché,
un petit fil ténu un peu effiloché mais toujours prêt à
Tisser l’ouvrage des origines,
Harmoniser les cœurs blessés
Rendre à notre passage sa légitimité.

Alors,
chaque abricot peut s’arrondir en paix,
prendre abri, chacun de son côté,
chacun libre, lié à la branche de ses idées mais…
Tous dans le même ciel brodé de cigales et d’oiseaux riants,
tous sur la même terre au parfum d’origan,
tous dans le même soleil des fondements.

Tableau III : Le Passage

Alors,
chaque abricot pourra passer du ciel à la terre
se dénoyauter, se délier, se déliter,
pour offrir aux suivants des fils tendres à souhait…
Des fils qui pourront, à leur tour,
tout autour de la Source,
se raconter, se partager, farandoler
et le tour sera joué…

Baptême

Lucie, luciole lucide
Peau pleine de lumière
Tes yeux humides absorbent le ciel et tout l’Univers
Ah ! si tu pouvais les agrandir, encore et encore…
Ton sourire aussi, écarquillé, veut toujours goûter
Goûter ce qui te touche, ce que tu touches…
Tes joues de fruit sont pleines de bruits
Langage fleuri, parfois secret, parfois compris
Lucie, luciole lucide
Dans le silence de ta peau sucrée,
Dans le coquillage de ton oreille auréolée,
On devine la fraîcheur d’une fleur pastel,
Une fleur nouvelle et nacrée,
Dans un étui de soie satinée,
Quelque chose de sacré…
Et lorsque tu es endormie,
Les mains levées vers le ciel,
Tu nous dis que la vie est un archipel
De sel et de miel
Une rose ronde, ronde rose
à danser,
ensemble,
Un bouquet de splendeurs
En ronde autour de ton cœur.

Anniversaire

Il est une fleur
qui porte 90 ans dans son coeur…
De l’arbre qui m’a aidé à grandir
tu es devenue la discrète violette que j’aimerais pouvoir agrandir.
C’est pour cela que parfois je m’agite :
pour te transmettre la force qui m’habite
et refuser le temps qui passe et t’agrippe.
Dans tes élans de générosité tu restes effacée
quand moi je voudrais mettre sur un piédestal ta bonté.
Tu laisses passer les autres devant
tu aimes les regarder, discrètement
et sourire à leur bonheur
celui que tu aides à construire, avec pudeur.
Devant les personnes électriques, tu es douceur
là où les autres critiquent, tu pardonnes sans rancoeur.
Entre les ailes de ton sourire
les mauvaises intentions s’évanouissent
et moi avec humilité je veux te dire
“je t’aime” autant que mes yeux humides le peuvent.
Merci maman
Merci d’exister

Lettre d’amour. Sans Bruit (1er prix Rencontres)

C’est la première page.
La chaise et le soleil sont sur la terrasse
Je suis sur la chaise, les pieds nus,
les bras nus pour sentir le soleil posé sur ma peau
J’écoute les bruits du jour, je les laisse animer mes oreilles
Les chansons des oiseaux.
La griffe qui dérape sur le métal du lampadaire
lorsque la tourterelle bombe ses ailes.
Les pleurs d’un enfant.
La respiration haletante de l’ambulance résonne.
Un roucoulement à côté du chant des enfants.
Une cour d’école.
Les flots du vent agitent les peupliers dansants.
Les voix nasillardes et chantantes des voisines.
Elles passent par toutes les intonations.
Une voiture qui racle le gravier
de toute la surface de ses pneus.
Le gargarisme d’une mobylette.
L’aboiement d’un chien qui tape contre les murs.
L’avion qui trace d’un bout du ciel à l’autre
son ronflement de colère …
…Une voiture qui s’engouffre dans une rue.
Une femme qui appelle son chien avec impatience.
Un train qui lance son dernier appel.
Les semelles d’un petit garçon qui court sur les dalles et détale.
Les signes morses du fil d’araignée
clignotant dans le soleil.
Les oiseaux qui tissent un immense voile
d’air et de notes,
aérien et vibrant.
Et puis tout ce qui est muet.
Tout ce qui écoute avec moi la fin du jour.
Il y a pourtant un bruit que je guette
mais qui reste silencieux :
Celui de la sonnette ou du téléphone
Ton bruit
Pour que ce jour que j’écoute ne se finisse pas
sans Toi
Sans le son de Ta voix

Inauguration. Exemple : la Salle de Bain

Elle se tient à carreau derrière la porte.
Un bouton discret suffit à la croire morte ;
Un seul doigt curieux suffit à lui redonner vie.
Un grain de lumière éclaire alors
Les quatre coins de son cœur
La rose des sables de son corps.
Son regard de miroir surplombe les lèvres d’une bouche bée
Où les doigts peuvent flirter
Dans les méandres d’une salive au goût de rosée.
Sa peau nacrée de coquillage vide offre son écrin à la vulnérable humanité
Et, au beau milieu de son visage déhanché
Trône une oreille profonde
Et l’irrésistible envie de s’y épancher !

Hommage. Exemple : Françoise (acrostiche)
Frimousse courtoise,
Ronde et bourgeoise,
Avide de redécouvrir ce prénom que j’apprivoise.
Nul doute que lorsqu’on la croise,
Cela réveille l’éclat de la turquoise, le sucre acidulé de la framboise,
On entend la soie qui se froisse, un message laissé sur l’ardoise,
Il flotte dans l’air l’odeur d’un jardin que l’on boise, l’envie d’une coupe enivrante d’armoise…
Sourions donc et que la rue pavoise
En hommage à ce prénom qui me laisse pantoise !

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