Evènements de la vie

Baptême

Lucie, luciole lucide
Peau pleine de lumière
Tes yeux humides absorbent le ciel et tout l’Univers
Ah ! si tu pouvais les agrandir, encore et encore…
Ton sourire aussi, écarquillé, veut toujours goûter
Goûter ce qui te touche, ce que tu touches…
Tes joues de fruit sont pleines de bruits
Langage fleuri, parfois secret, parfois compris
Lucie, luciole lucide
Dans le silence de ta peau sucrée,
Dans le coquillage de ton oreille auréolée,
On devine la fraîcheur d’une fleur pastel,
Une fleur nouvelle et nacrée,
Dans un étui de soie satinée,
Quelque chose de sacré…
Et lorsque tu es endormie,
Les mains levées vers le ciel,
Tu nous dis que la vie est un archipel
De sel et de miel
Une rose ronde, ronde rose
à danser,
ensemble,
Un bouquet de splendeurs
En ronde autour de ton cœur.

Anniversaire

Il est une fleur
qui porte 90 ans dans son coeur…
De l’arbre qui m’a aidé à grandir
tu es devenue la discrète violette que j’aimerais pouvoir agrandir.
C’est pour cela que parfois je m’agite :
pour te transmettre la force qui m’habite
et refuser le temps qui passe et t’agrippe.
Dans tes élans de générosité tu restes effacée
quand moi je voudrais mettre sur un piédestal ta bonté.
Tu laisses passer les autres devant
tu aimes les regarder, discrètement
et sourire à leur bonheur
celui que tu aides à construire, avec pudeur.
Devant les personnes électriques, tu es douceur
là où les autres critiquent, tu pardonnes sans rancoeur.
Entre les ailes de ton sourire
les mauvaises intentions s’évanouissent
et moi avec humilité je veux te dire
“je t’aime” autant que mes yeux humides le peuvent.
Merci maman
Merci d’exister

Lettre d’amour
Sans Bruit (1er prix Rencontres)

C’est la première page.
La chaise et le soleil sont sur la terrasse
Je suis sur la chaise, les pieds nus,
les bras nus pour sentir le soleil posé sur ma peau
J’écoute les bruits du jour, je les laisse animer mes oreilles
Les chansons des oiseaux.
La griffe qui dérape sur le métal du lampadaire
lorsque la tourterelle bombe ses ailes.
Les pleurs d’un enfant.
La respiration haletante de l’ambulance résonne.
Un roucoulement à côté du chant des enfants.
Une cour d’école.
Les flots du vent agitent les peupliers dansants.
Les voix nasillardes et chantantes des voisines.
Elles passent par toutes les intonations.
Une voiture qui racle le gravier
de toute la surface de ses pneus.
Le gargarisme d’une mobylette.
L’aboiement d’un chien qui tape contre les murs.
L’avion qui trace d’un bout du ciel à l’autre
son ronflement de colère …
…Une voiture qui s’engouffre dans une rue.
Une femme qui appelle son chien avec impatience.
Un train qui lance son dernier appel.
Les semelles d’un petit garçon qui court sur les dalles et détale.
Les signes morses du fil d’araignée
clignotant dans le soleil.
Les oiseaux qui tissent un immense voile
d’air et de notes,
aérien et vibrant.
Et puis tout ce qui est muet.
Tout ce qui écoute avec moi la fin du jour.
Il y a pourtant un bruit que je guette
mais qui reste silencieux :
Celui de la sonnette ou du téléphone
Ton bruit
Pour que ce jour que j’écoute ne se finisse pas
sans Toi
Sans le son de Ta voix

Compliment – Mariage
Compliment ou compilation de piments choisis

Nicole danse avec les cailloux
Dans sa voix, avec ses pieds et ses genoux
Elle danse
Jupe espagnole et cheveux de gitane
Son rire est de dentelle et tout son corps
Une planète en ébullition
Un fruit de la passion.

Nicole dans et virevolte mais elle n’est ni colle ni vis alors…
…Jacques est là. Force tranquille.
Pour la retenir, la rattraper, la ressaisir.
Toréador des chiffres, il sourit franc,
Un soleil au coin de ses yeux pétillants.
Efficace dans ses gestes, dans ses paroles, il observe, il pense.
Et quand il ne compte pas, il l’aime, son aimée.

Fidèle à son coeur, il l’a demandée sa main potelée.
C’était au pied de la Tour Eiffel forgée
Un premier janvier 2000.
Ils étaient 2 et trois points de suspension…
…jusqu’au 7 7 7
le 7 juillet 2007
compte à rebours métaphysique :

7- …le temps de créer l’Univers… Leur Univers
6- …car « ces sourires-ci chassent à coup sûr les soucis », a dit leur médecin si bien choisi…
5- …cinquante et quelques années ne changent rien à un amour sain cinq étoiles
4- …car c’est quatre à quatre qu’ils ont monté les marches et gravi les montagnes
3- …comme le cheval de Troie, ils ont conquis le cœur l’un de l’autre
2- …ils sont là. Nous avec eux et autour d’eux
1- …car aujourd’hui nous sommes ici tous réunis
0- …partez ! Partez vous aimer, continuez à gambader,
à Las Vegas et dans le monde entier !

Compliment – Décès

L’Homme du 11/11 à 11 heures,
unique déjà dans son rendez-vous avec la vie,
Armand a jusqu’au bout pratiqué l’Art d’être un Homme :
celui de rester debout
debout campé sur ses deux jambes, comme celles du 11 de son arrivée au monde.
Pour son départ, ce sont deux paires de charentaises qui l’attendaient,
patiemment et sûrement,
comme des écrins posés à ses pieds,
pour encore le voir comme nous l’avions toujours vu :
dressé comme un arbre
droit dans ses pensées
fidèle à la tranquillité
un soleil en forme de barbe autour d’un visage qui avait toujours l’air étonné.
Étonné après même quatre-vingt années…
Un jour que l’arbre était assis près de son feu de ceps,
il nous avait dit : « Le secret…c’est de rester positif »
Alors aujourd’hui, ce secret nous voulons le partager
et l’écouter.

Inauguration
Exemple : la Salle de Bain

Elle se tient à carreau derrière la porte.
Un bouton discret suffit à la croire morte ;
Un seul doigt curieux suffit à lui redonner vie.
Un grain de lumière éclaire alors
Les quatre coins de son cœur
La rose des sables de son corps.
Son regard de miroir surplombe les lèvres d’une bouche bée
Où les doigts peuvent flirter
Dans les méandres d’une salive au goût de rosée.
Sa peau nacrée de coquillage vide offre son écrin à la vulnérable humanité
Et, au beau milieu de son visage déhanché
Trône une oreille profonde
Et l’irrésistible envie de s’y épancher !

Hommage
exemple : Françoise (acrostiche)

Frimousse courtoise,
Ronde et bourgeoise,
Avide de redécouvrir ce prénom que j’apprivoise.
Nul doute que lorsqu’on la croise,
Cela réveille l’éclat de la turquoise, le sucre acidulé de la framboise,
On entend la soie qui se froisse, un message laissé sur l’ardoise,
Il flotte dans l’air l’odeur d’un jardin que l’on boise, l’envie d’une coupe enivrante d’armoise…
Sourions donc et que la rue pavoise
En hommage à ce prénom qui me laisse pantoise !

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