Tout compte fait

Résumé

Il ne s’agit pas de compter
mais de raconter
si tant est qu’un rat puisse conter…
Conter comme on raconte
une histoire – son histoire
ses espoirs – ses déboires
Le passé se présente au futur
mais pas de trou noir :
plutôt un rai à la lumière des mots
et des personnages hauts en couleur

Extrait

ROSE, née le 17 mars 2053
Conte pâtissier : Les amandes

Le Financier qui avait besoin d’amandes s’en fut voir le Mendiant.
Ce dernier étant rond et habitué à compter pour des noix se contenta
de répondre au premier d’aller se faire cuire un oeuf.
Vexé, le Financier s’en alla se faire couper au carré chez Rose des
Sables, la coiffeuse du coin de la rue. Comme toute bonne coiffeuse
qui se respecte, elle sut le réconforter en lui disant d’aller voir Le
Millefeuille. Celui-ci lui trouverait bien quelques amandes dans sa
bibliothèque réputée à des milles à la ronde.
Le Financier s’en alla donc, après avoir pris soin de laisser quelques
pépites de chocolat à cette coiffeuse, ma foi, plutôt bienveillante.
Arrivé devant la maison du Millefeuille, il se trouva nez à nez avec un
énorme Kouglof qui se mit à aboyer tant et plus. Heureusement qu’un
portail en paille de framboise les séparait.
Le Financier sonna à l’interphone et une voix nasillarde de palmier lui
répondit. Après avoir fait part de sa demande d’amandes, il patienta
quelques minutes avant de voir accourir en sautillant une religieuse
portant tablier et chignon en forme de kouign-amann.
« Voici ! », lui dit-elle en lui tendant plusieurs feuilles à travers les
barreaux du portail. Et elle repartit aussitôt suivie du Kouglof.
Le Financier vérifia ses papiers : trois amendes de 3, 300 et 3000
euros à régler avant un délai de 3 jours.
Il s’en fut, repu et satisfait, en sifflotant « Les petits pains au
chocolat » de Joe Dassin.

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