Salsepareille

Résumé

La poésie ?
Une ville blanche en construction et sans panneaux
Anneaux entrelacés des rues pavées d’émaux
Des mots qui se rencontrent pour la première fois
Foisonnement des cinq sens
emmêlés entre les mains chaudes des artisans

Extraits

Quand pépé est tombé de l’échelle,
…une pomme est tombée avec lui. Elle s’écrasa près de son
oreille et il entendit son cri. Pépé ferma les yeux et tout son
corps se détendit lui aussi. Le cri de la pomme raconta son
histoire, et ce qu’elle dit lui fit tout revoir :
Mémé qui, ce jour-là, dans son regard noir lui dit, avec la
tendresse d’une pomme :  » Au-revoir « . Sa robe fleurie étalée sur
l’herbe mouillée faisait une planète au milieu du jardin, et
lorsqu’elle s’était relevée, une tache de cidre riait sur son bassin.
Elle avait ri et Pépé avait souri ; la pomme écrasée, elle, n’avait
rien dit. Pourtant, sous sa peau brunie, la terre murmurait et se
goinfrait du jus encore frais.
Marcher le long des pommiers main dans la main, le nez ravivé
et les poings desserrés. Tenir cette main et sentir vibrer le chemin
sous les pas égarés de deux être retrouvés. Il a fallu du temps, de
la pluie et des wagons de vent, pour effacer les traces du train
quotidien. Mais les états d’âme toujours reprenaient le dessus, et
les portes s’ouvraient et le linge séchait. Les épingles accrochées
sur le fil du paradis écrivaient en silence l’histoire de leur vie.
Mémé et Pépé ne se l’étaient jamais dit, mais ce jour-là, la
pomme avait brisé leur silence, et c’est un seul mot qui dans le
ciel retentit : orpheline !


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